Cabinet francophone depuis 2016
★★★★★ 4,8/5 · 2000+ clients accompagnés

Exit tax France-Chypre : sursis automatique, dégrèvement et stratégies 2026

Bureau d'expertise fiscale surplombant Limassol — exit tax France Chypre
Sommaire

Exit Tax France Chypre : le guide 2026

L’exit tax France Chypre est le mécanisme qui taxe les plus-values latentes sur vos titres au moment où vous transférez votre domicile fiscal de la France vers Chypre. Pour un dirigeant en cession, un fondateur de start-up ou un investisseur disposant d’un portefeuille mobilier conséquent, c’est souvent le premier obstacle financier identifié — et l’un des plus mal compris. Bonne nouvelle : Chypre étant État membre de l’Union européenne, le sursis de paiement est automatique, sans constitution de garanties. Mais ce confort initial ne dispense d’aucune obligation déclarative, et le calendrier de votre départ influence directement le moment où l’impôt s’éteint définitivement. Cet article détaille le cadre 2026 de l’exit tax France Chypre : seuils de déclenchement, taux applicable, mécanique du sursis, conditions de dégrèvement et points de vigilance pratiques pour sécuriser votre transfert de résidence.

Article mis à jour le 12 mai 2026 — par l’équipe Chypre Conseils. Sources : article 167 bis du Code général des impôts, loi de finances pour 2026 (promulguée le 19 février 2026), loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (publiée fin décembre 2025) pour la hausse de la CSG, BOFIP BOI-RPPM-PVBMI-50-10.

Comprendre l’exit tax France Chypre en 2026 : cadre légal et logique

L’exit tax française est codifiée à l’article 167 bis du Code général des impôts. Le dispositif a été créé pour empêcher un schéma précis : la cession d’une participation significative dans une société française juste après un changement de résidence fiscale opportuniste. Le législateur considère que la plus-value latente accumulée pendant la résidence française appartient économiquement à la France, même si elle n’est matériellement réalisée qu’après le départ.

Concrètement, lorsqu’un contribuable transfère son domicile fiscal hors de France, l’administration procède à une cession fictive de ses titres au jour du départ, calcule la plus-value théorique entre la valeur d’acquisition et la valeur de marché, et liquide l’impôt correspondant. Cet impôt n’est cependant pas immédiatement exigible dans la plupart des cas — c’est tout l’enjeu du mécanisme du sursis, qui diffère radicalement selon le pays de destination.

Pour un transfert de résidence fiscale vers Chypre, le cadre juridique combine trois corpus :

  • L’article 167 bis du CGI pour le calcul, le sursis et le dégrèvement de l’exit tax
  • La convention fiscale franco-chypriote du 18 décembre 1981, telle que modifiée par l’Instrument Multilatéral (MLI) entré en application en 2019-2020
  • Le droit de l’Union européenne, qui impose le sursis de paiement automatique pour les transferts intra-UE depuis la jurisprudence Lasteyrie du Saillant (CJCE, 11 mars 2004) et Wächtler (CJUE, 26 février 2019)

Au 12 mai 2026, la nouvelle convention fiscale franco-chypriote signée le 11 décembre 2023 était encore en cours de procédure d’approbation côté français (première lecture au Sénat le 28 janvier 2026, à l’Assemblée nationale le 20 février 2026). La convention de 1981 modifiée par le MLI demeure donc la référence applicable pour les départs en cours, sous réserve de l’entrée en vigueur ultérieure de la nouvelle convention.

— Loucas Papadopoulos · Fiscaliste, expert en expatriation et création d’entreprise à Chypre

Beaucoup de dirigeants découvrent l’exit tax au moment où une lettre d’intention de vente est déjà sur la table. À ce stade, l’arbitrage entre destinations s’est réduit à un calcul de calendrier, plus à une stratégie. La force du couple France-Chypre tient à un fait technique souvent sous-évalué : Chypre étant dans l’Union européenne, le sursis de paiement est de plein droit, sans garantie financière à immobiliser. Là où un départ vers Dubaï ou la Suisse peut exiger une demande expresse et la constitution de garanties couvrant tout ou partie de l’imposition calculée, un départ vers Chypre laisse vos liquidités disponibles dès le jour du transfert. Cette différence représente souvent plusieurs centaines de milliers d’euros immobilisés pendant deux à cinq ans. Mais le sursis n’est ni un effacement ni un automatisme administratif : il s’accompagne d’obligations déclaratives annuelles strictes, dont le non-respect peut faire tomber l’ensemble du dispositif.

Qui est concerné par l’exit tax France Chypre : seuils et conditions cumulatives

Le dispositif de l’exit tax n’a pas vocation à frapper tous les expatriés. Il vise spécifiquement les contribuables détenant un patrimoine en titres significatif. Trois conditions cumulatives doivent être réunies au moment du transfert de domicile fiscal :

Condition 1 : durée de résidence fiscale française

Le contribuable doit avoir été résident fiscal français pendant au moins 6 ans au cours des 10 années précédant son transfert de domicile hors de France. Cette condition exclut du dispositif les expatriés de courte durée, les impatriés temporairement installés en France ou les nationaux étrangers résidents fiscaux français depuis moins de 6 ans.

Condition 2 : nature et valeur des participations détenues

Le contribuable doit détenir, directement ou indirectement :

  • soit des droits sociaux, titres ou droits représentant au moins 50 % des bénéfices sociaux d’une société, quelle que soit leur valeur ;
  • soit des titres dont la valeur globale excède 800 000 euros, indépendamment du pourcentage de détention.

Le seuil de 800 000 euros s’apprécie sur l’ensemble des titres visés par l’article 150-0 A du CGI : actions de SAS, parts de SARL, titres cotés, obligations, parts d’OPCVM imposables, etc. Sont exclus du calcul les titres détenus dans un PEA ou un FCPE, qui bénéficient d’un régime fiscal spécifique non concerné par l’exit tax.

Condition 3 : effectivité du transfert de domicile fiscal

L’exit tax se déclenche au moment du transfert effectif du domicile fiscal hors de France, au sens de l’article 4 B du CGI. Pour Chypre, cela suppose généralement la combinaison d’une résidence chypriote (Yellow Slip ou règle des 60 jours pour la résidence fiscale chypriote), d’un foyer permanent à Chypre, et d’une rupture des liens caractéristiques de la résidence française.

⚠ Attention — les crypto-actifs en détention directe

En l’état du droit applicable au 12 mai 2026, les crypto-actifs (Bitcoin, Ether, etc.) détenus en direct par une personne physique ne sont pas visés par l’article 167 bis du CGI. Cette position repose sur la rédaction actuelle de l’article, centré sur les droits sociaux, valeurs mobilières, titres et droits assimilés — catégories dans lesquelles les crypto-actifs ne sont pas classés au sens fiscal. En revanche, si ces mêmes actifs sont détenus via une holding soumise à l’IS, ce sont les parts de la holding qui entrent dans le champ de l’exit tax dès lors que le seuil de 800 000 € ou le seuil de 50 % est atteint. La législation crypto évoluant rapidement, ce point doit être revérifié au moment du départ.

Calcul de l’exit tax France Chypre : assiette et taux applicable en 2026

L’assiette de l’exit tax est la plus-value latente entre la valeur d’acquisition des titres (prix payé à l’origine, majoré des frais d’acquisition documentés) et leur valeur de marché au jour du transfert de domicile fiscal. Pour les titres non cotés, l’évaluation peut faire l’objet d’une discussion avec l’administration ; il est recommandé de produire une valorisation justifiée par un professionnel (expert-comptable, avocat fiscaliste) au moment de la déclaration initiale.

Le taux applicable en 2026 résulte de l’application du prélèvement forfaitaire unique (PFU), majoré de la hausse de la CSG portée à 10,6 % par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (publiée fin décembre 2025) :

Composante Taux 2026 Base
Impôt sur le revenu (PFU) 12,8 % Plus-value brute
Prélèvements sociaux (CSG + CRDS + Solidarité) 18,6 % Plus-value brute
Taux global 31,4 % Plus-value brute

Le contribuable conserve la faculté d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu, mais cette option est rarement pertinente pour les plus-values importantes : la tranche marginale du barème progressif (45 %) dépasse largement le taux du PFU. L’option peut occasionnellement présenter un intérêt pour des plus-values modestes ouvrant droit à un abattement pour durée de détention.

À titre d’illustration, sur une plus-value latente de 3 000 000 €, l’exit tax théorique s’élève à 942 000 €. Cette somme n’est pas due au moment du départ vers Chypre — elle est mise en sursis automatique.

Sursis de paiement automatique pour l’exit tax France Chypre

Le paragraphe IV de l’article 167 bis du CGI prévoit le sursis de paiement de plein droit lorsque le transfert de domicile fiscal s’effectue vers un État membre de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d’assistance administrative et de recouvrement. Chypre, membre de l’UE depuis le 1er mai 2004, remplit cette condition.

Concrètement, pour un transfert de résidence vers Chypre :

  • L’exit tax est déclarée mais non payée au moment du départ ;
  • Aucune garantie financière n’est exigée (pas de nantissement, pas de caution bancaire) ;
  • Aucune désignation de représentant fiscal en France n’est requise ;
  • L’impôt reste en sursis tant qu’aucun événement déclencheur n’intervient ;
  • Le sursis se transforme en dégrèvement définitif à l’expiration du délai de conservation (2 ou 5 ans selon le montant).

Cette mécanique constitue une différence fondamentale avec les départs vers Dubaï, la Suisse, le Royaume-Uni, Singapour ou les États-Unis. Pour ces destinations, l’article 167 bis V du CGI distingue un sursis sur demande : le contribuable doit formuler une demande expresse à l’administration fiscale et constituer des garanties couvrant tout ou partie de l’imposition calculée (impôt sur le revenu et, selon les cas, prélèvements sociaux). En pratique, ces garanties prennent la forme de nantissements, cautions bancaires ou hypothèques, immobilisant une fraction significative du patrimoine du contribuable pendant toute la durée du sursis — contrainte intégralement levée lors d’un départ vers Chypre.

Obligations déclaratives à respecter pour maintenir le sursis

Le sursis automatique n’est pas inconditionnel. Le contribuable doit respecter deux obligations déclaratives :

  • Déclaration initiale : formulaire n° 2074-ETD à déposer au titre de l’année du transfert de domicile fiscal, accompagné de la déclaration 2042 et de la 2042 C ;
  • Déclaration de suivi annuelle : formulaire n° 2074-ETS (ou 2074-ETSL pour les contribuables en sursis sur option) à déposer chaque année auprès du service des impôts des particuliers non-résidents, pendant toute la durée du sursis.

Le défaut de production de la déclaration annuelle de suivi pendant trois années consécutives entraîne la déchéance du sursis et l’exigibilité immédiate de l’exit tax, augmentée des intérêts de retard. Concrètement, le contribuable expatrié à Chypre doit maintenir une relation administrative annuelle avec l’administration fiscale française pendant 2 à 5 ans, ce qui suppose en pratique un suivi par un conseil fiscal en France ou un cabinet coordonnant les obligations franco-chypriotes.

Dégrèvement définitif : quand l’exit tax France Chypre s’éteint

L’objectif de toute ingénierie patrimoniale liée à l’exit tax est de transformer le sursis en dégrèvement définitif, c’est-à-dire l’annulation pure et simple de la dette fiscale. Depuis la loi de finances pour 2019, les délais de conservation des titres ouvrant droit au dégrèvement ont été réduits :

Valeur des titres dans le champ de l’exit tax Délai de conservation après le départ Conséquence à l’expiration
Inférieure à 2 570 000 € 2 ans Dégrèvement total de l’exit tax
Égale ou supérieure à 2 570 000 € 5 ans Dégrèvement total de l’exit tax

Le régime du dégrèvement à 2 ou 5 ans a été maintenu par la loi de finances pour 2026, promulguée le 19 février 2026. Un amendement parlementaire visant à rétablir un délai de conservation de 15 ans (« exit tax version longue ») a été écarté lors du vote final. Cette stabilité juridique facilite la planification des départs prévus pour 2026-2028.

Événements interrompant le sursis et déclenchant l’imposition

Pendant le délai de conservation, certains événements mettent fin au sursis et rendent l’impôt immédiatement exigible :

  • La cession à titre onéreux des titres (vente classique, apport rémunéré, échange hors sursis fiscal) ;
  • Le rachat des titres par la société émettrice ;
  • L’annulation ou le remboursement des titres en cas de liquidation ;
  • Pour les plus-values en report d’imposition au sens de l’article 150-0 B ter du CGI : la rupture des conditions du report.

La donation des titres pendant la période de sursis doit être analysée au cas par cas. Selon la nature des titres, le pays de résidence du donataire et les engagements déclaratifs souscrits, elle peut entraîner l’exigibilité de l’imposition initialement mise en sursis ou nécessiter des formalités spécifiques pour préserver le régime. Cette dimension successorale est rarement anticipée et doit être traitée en amont avec un notaire et un fiscaliste.

Le retour anticipé en France efface l’exit tax

Si le contribuable retransfère son domicile fiscal en France avant l’expiration du délai de conservation, l’exit tax est intégralement dégrevée. La logique du dispositif est en effet de garantir le droit d’imposer de la France sur les plus-values constituées sur son territoire : un retour annule cette anticipation puisque les titres redeviennent imposables à la cession selon les règles françaises de droit commun.

L’articulation entre le calendrier du transfert de résidence, la nature des participations détenues et le projet de cession éventuel mérite une analyse au cas par cas. Une consultation personnalisée permet de cartographier précisément votre exposition à l’exit tax, d’évaluer les délais de dégrèvement applicables et d’identifier les leviers d’optimisation compatibles avec votre profil.

— Cas 1 · Fondateur SaaS en cession partielle à 18 mois

Thomas, 42 ans, a fondé en 2014 une société de logiciels SaaS française dont il détient 100 % du capital. La société est valorisée 6 millions d’euros à dire d’expert ; son prix d’acquisition initial est négligeable. Un fonds d’investissement européen lui propose de racheter 40 % du capital dans 18 mois pour un montant de 2,4 M€. Thomas envisage de transférer sa résidence fiscale à Chypre avant la cession partielle pour bénéficier du statut non-domicilié.

Au transfert vers Chypre, Thomas remplit les conditions de l’exit tax : résident fiscal français depuis plus de 6 ans, plus de 50 % des droits sociaux, plus-value latente d’environ 6 M€. L’exit tax théorique au taux de 31,4 % s’élève à 1 884 000 €, mise en sursis automatique sans garantie. La valeur des titres dépassant 2,57 M€, le délai de conservation est de 5 ans. Si Thomas vend 40 % de ses titres au bout de 18 mois pour 2,4 M€, le sursis est rompu sur cette fraction : il paie l’exit tax correspondant à la plus-value des titres cédés (≈ 753 600 €). Les 60 % restants conservent leur sursis et seront dégrevés à l’expiration des 5 ans s’ils ne sont pas cédés. La planification d’un calendrier de cession compatible avec le délai de dégrèvement est donc essentielle.

Articulation de l’exit tax France Chypre avec la fiscalité chypriote

Le déclenchement de l’exit tax au départ de France n’est qu’une étape : la fiscalité chypriote applicable une fois la résidence transférée doit être analysée en parallèle, notamment pour les revenus que la société française continuera de générer ou pour les nouveaux flux issus d’une structuration à Chypre.

Plus-values sur cession de titres : Chypre exonère, la France garde son droit

L’article 13 de la convention franco-chypriote attribue généralement à l’État de résidence du cédant le droit d’imposer les gains tirés de l’aliénation de titres mobiliers. Une fois résident fiscal chypriote, les plus-values réalisées sur la cession ultérieure des titres sont donc imposables à Chypre — où elles bénéficient d’une exonération générale, hors cas spécifiques de sociétés à prépondérance immobilière chypriote. Toutefois, cette exonération chypriote n’efface pas l’exit tax française : la France conserve son droit d’imposer la plus-value latente accumulée pendant la résidence française, indépendamment du traitement chypriote ultérieur.

Dividendes versés pendant le sursis : régime convention 1981

Les dividendes versés par la société française à son associé devenu résident chypriote pendant la période de sursis suivent les règles de la convention de 1981 actuellement en vigueur : retenue à la source française plafonnée à 10 % si la participation directe atteint au moins 10 % du capital, 15 % sinon. À Chypre, le statut non-domicilié exonère ces dividendes étrangers de SDC pendant 17 ans ; seule la contribution GHS s’applique (2,65 % sur les revenus de capitaux, dans la limite d’un plafond annuel de 180 000 € de base par personne). La charge fiscale globale sur les dividendes peut donc être significativement réduite, sans pour autant affecter le sursis de paiement de l’exit tax qui porte exclusivement sur les plus-values latentes des titres.

— Cas 2 · Dirigeant en cession totale et expatriation programmée

Claire, 58 ans, dirige une PME industrielle française dont elle détient 100 % du capital. Un industriel allemand lui a fait une offre de rachat à 12 M€, à finaliser dans 36 mois. Sa plus-value latente est d’environ 11,5 M€ (apport initial 500 K€). Elle envisage Chypre pour bénéficier du statut non-dom sur ses futurs revenus passifs et du climat méditerranéen.

Au transfert vers Chypre, l’exit tax théorique est de 3 611 000 € (31,4 % sur 11,5 M€), mise en sursis automatique. La valeur des titres dépassant 2,57 M€, le délai de dégrèvement est de 5 ans. Si la cession intervient effectivement à 36 mois, le sursis tombe : l’exit tax devient exigible sur l’intégralité de la plus-value de 11,5 M€. Pour transformer ce sursis en dégrèvement, Claire devrait reporter la cession au-delà du délai de 5 ans après son transfert — ce qui suppose de négocier le calendrier avec l’acquéreur. Alternative possible à étudier : un apport de titres à une holding chypriote avant le départ, sous réserve de validation préalable au regard des règles anti-abus françaises et du dispositif de l’article 150-0 B ter du CGI. Ce type de montage exige une analyse préalable rigoureuse et une justification économique substantielle.

Ce que l’exit tax France Chypre ne couvre pas

L’article 167 bis du CGI ne s’applique pas à l’ensemble des actifs du contribuable expatrié. Plusieurs catégories de revenus et de patrimoine échappent au dispositif :

  • Les biens immobiliers situés en France : leur cession après l’expatriation reste soumise à la fiscalité immobilière française (plus-values immobilières des non-résidents, prélèvements sociaux applicables) ;
  • Les titres détenus dans un PEA ou un FCPE, qui suivent leur régime fiscal propre ;
  • Les crypto-actifs en détention directe (à confirmer au moment du départ, la législation évolue) ;
  • Les contrats d’assurance-vie, qui suivent les règles spécifiques des contrats d’épargne ;
  • Les revenus de source française perçus après l’expatriation : dividendes, intérêts, redevances, salaires de source française restent soumis à retenue à la source en France selon la convention applicable.

L’exit tax ne dispense pas non plus le contribuable du respect des règles de résidence fiscale chypriote. Devenir résident fiscal à Chypre suppose de remplir l’une des deux conditions alternatives (183 jours de présence, ou règle des 60 jours avec foyer permanent et activité économique sur place) et d’organiser concrètement le centre des intérêts vitaux. Une expatriation purement fiscale sans réalité de vie sur place reste vulnérable à une requalification par l’administration française.

Nos services associés

— Loucas Papadopoulos · Fiscaliste, expert en expatriation et création d’entreprise à Chypre

L’exit tax France Chypre se pilote, elle ne s’improvise pas. Trois variables structurent la stratégie : la date du transfert de résidence, la valeur des participations à cette date, et le calendrier prévisionnel de cession des titres. Dans 80 % des dossiers que nous accompagnons, le simple ajustement du calendrier — décaler le départ de quelques mois, ou retarder une cession pour atteindre le délai de dégrèvement — permet de transformer une charge fiscale potentielle de plusieurs centaines de milliers d’euros en zéro effectif. Mais cette planification doit être engagée avant qu’une lettre d’intention de cession ne soit signée, idéalement 18 à 36 mois avant l’opération envisagée.

Une consultation initiale de 60 minutes nous permet de cartographier votre situation — valorisation des titres, calendrier corporate, profil de revenus passifs futurs, articulation avec le statut non-dom chypriote — et de produire un plan d’action séquencé : quoi déclarer, quand, avec quels formulaires et auprès de quel service. Vous repartez avec un livrable concret et chiffré, pas une brochure commerciale.

Questions fréquentes sur l’exit tax France Chypre

Le sursis de paiement de l’exit tax France Chypre est-il vraiment automatique ?

Oui. Chypre étant État membre de l’Union européenne, le paragraphe IV de l’article 167 bis du CGI prévoit un sursis de plein droit, sans garantie financière, sans représentant fiscal et sans demande préalable. Le contribuable se contente de déposer la déclaration initiale 2074-ETD au titre de l’année du transfert, puis la déclaration annuelle de suivi 2074-ETS chaque année jusqu’au dégrèvement.

Quel est le taux applicable à l’exit tax en 2026 ?

Le taux global est de 31,4 % en 2026, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu (prélèvement forfaitaire unique) et 18,6 % de prélèvements sociaux. La hausse de la CSG à 10,6 % a été introduite par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (publiée fin décembre 2025), tandis que la loi de finances pour 2026 (promulguée le 19 février 2026) a maintenu le régime du dégrèvement à 2 ou 5 ans. Une option pour le barème progressif reste possible mais rarement pertinente pour les plus-values significatives.

Quand l’exit tax France Chypre devient-elle définitivement annulée ?

Le dégrèvement intervient à l’expiration d’un délai de conservation des titres après le transfert : 2 ans si la valeur des titres dans le champ de l’exit tax est inférieure à 2 570 000 €, 5 ans si elle est égale ou supérieure à ce seuil. Ce régime a été maintenu par la loi de finances pour 2026 ; l’amendement parlementaire qui proposait de revenir à un délai de 15 ans a été écarté lors du vote.

Que se passe-t-il si je vends mes titres pendant le sursis ?

La cession à titre onéreux des titres pendant la période de sursis rend l’exit tax immédiatement exigible sur la fraction cédée. Le sursis subsiste sur les titres non cédés. Le rachat des titres par la société émettrice, leur annulation ou leur remboursement produisent les mêmes effets qu’une cession.

Suis-je concerné par l’exit tax si mon patrimoine est inférieur à 800 000 € ?

Non, sauf si vous détenez au moins 50 % des droits sociaux d’une société. Les deux seuils sont alternatifs : 800 000 € de titres en valeur globale OU 50 % de droits sociaux dans une société, quelle qu’en soit la valeur. Si aucun de ces seuils n’est atteint, vous échappez au dispositif même en cas de transfert vers un pays hors UE.

Que se passe-t-il si j’oublie de déposer une déclaration annuelle 2074-ETS ?

Le défaut de déclaration de suivi pendant trois années consécutives entraîne la déchéance du sursis et l’exigibilité immédiate de l’exit tax, augmentée des intérêts de retard. En pratique, l’administration adresse généralement une mise en demeure ; il reste alors un délai de régularisation, mais le risque est réel. Il est fortement recommandé de confier le suivi annuel à un conseil fiscal en France ou à un cabinet coordonnant les obligations franco-chypriotes.

Un retour en France efface-t-il l’exit tax ?

Oui. Si le contribuable transfère à nouveau son domicile fiscal en France avant l’expiration du délai de conservation, l’exit tax est intégralement dégrevée. La logique du dispositif est de préserver le droit d’imposer de la France sur les plus-values constituées sur son territoire — un retour rend ce droit à nouveau effectif puisque les titres redeviennent imposables aux règles françaises de droit commun.

Les crypto-actifs sont-ils visés par l’exit tax ?

En l’état du droit applicable au 12 mai 2026, les crypto-actifs en détention directe par une personne physique ne sont pas dans le champ de l’article 167 bis du CGI. Ils ne sont ni des droits sociaux ni des valeurs mobilières. En revanche, les parts d’une holding détenant des crypto-actifs entrent pleinement dans le champ de l’exit tax si les seuils sont atteints. La législation évoluant rapidement sur ce point, une vérification au moment du départ est indispensable.

Mise en garde : Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal individualisé. Les taux, seuils, délais et règles mentionnés sont valables au 12 mai 2026 sous réserve d’évolutions législatives ou réglementaires ultérieures. L’exit tax France Chypre s’applique de manière hautement dépendante de la situation personnelle du contribuable : nature des participations, calendrier de cession, structuration patrimoniale, articulation avec le statut chypriote. Une consultation préalable avec un fiscaliste ou un avocat spécialisé est impérative avant toute décision de transfert de résidence fiscale.

Chypre Conseils est un cabinet d’accompagnement francophone établi à Chypre depuis 2016. Nous coordonnons votre analyse avec les spécialistes appropriés — avocats fiscalistes franco-chypriotes, experts-comptables, notaires — en français, avec un interlocuteur unique du diagnostic à la mise en œuvre.

Partager cet article :

Équipe de conseillers fiscaux et experts en expatriation à Chypre

Vous avez un projet à Chypre ? Contactez un conseiller francophone

    Articles associés

    Prêt à concrétiser votre projet à Chypre ?
    Création de société, résidence fiscale, retraite ou expatriation — réservez une consultation et obtenez un plan d'action sous 24h.
    © 2016–2026 Chypre Conseils · Tous droits réservés